Figeac. CGT : «Nous devrions être 1500 à Ratier !»


PUBLIÉ LE 05/01/2013

Laurent Alexandre, Jérôme Delmas et Jean-Philippe Couchet.

Laurent Alexandre, Jérôme Delmas et Jean-Philippe Couchet./Photo DDM.

La rentrée syndicale 2013 s’annonce déjà pour la CGT Ratier-Figeac. Dès le 25 janvier, elle participera à une audience de départage, au conseil de prud’hommes de Cahors, dans le cadre du dossier de discrimination syndicale.

À cette occasion, les représentants de la CGT ont évoqué l’avenir de l’entreprise et sont revenus sur les propos rassurants de leur direction. «Notre PDG se félicite de compter plus de 1 000 salariés. On s’en réjouit aussi, mais on s’étonne, vu le développement de Ratier, de ne pas être déjà 1 500 à Figeac. À côté de cela, nous enregistrons des gains de productivité réguliers, nous sous-traitons en Pologne, puis maintenant au Maroc. Et nous ne sommes donc que 1 000 salariés ici.»

Pour Jean-Philippe Couchet, Laurent Alexandre et Jérôme Delmas, il est important de rappeler que sur le programme militaire A400M : «Toute l’activité cockpit-cabine est délocalisée au Maroc. C’est 40 % d’activité qui s’en vont. Il y a 5 ans, cette production était un cœur de métier de Ratier-Figeac». Savoir que le développement des programmes restera à Ratier ne les rassure en rien : «Toutes les gammes d’avion sont déjà complètes, ce développement ne concernera donc que des ajustements mineurs».

Ils rappellent que c’est «la polyvalence et la diversification qui ont pourtant permis à Ratier, par le passé, de passer plus facilement les périodes difficiles».

Face au regroupement avec Goodrich, la CGT évoque un autre choix crucial pour l’avenir : «Qui d’eux ou de nous continuera de produire les THSA au sein d’UTC Aerospace Systems ? Car, le groupe ne va pas garder deux centres d’excellence, à Figeac et à Saint-Ouen, où ils sont 400 salariés environs. Il va vouloir rationaliser, mais nous refuserons que les salariés des deux sites soient mis en concurrence». Le syndicat a d’ailleurs demandé une étude sur cette fusion.

Concernant les hélices, fabrication phare de Ratier-Figeac, la CGT aussi reste prudente. «Il y a 15 ans, nous fabriquions toute l’hélice, de A à Z ; aujourd’hui, des pans entiers de cette production sont sous-traités. On nous parle d’un plan à 5 ans, soit du court terme, où de plus, aucune nouvelle fabrication d’hélices n’est attendue. Sur les nouvelles fabrications hors activité hélice, principalement cockpit et cabine, le développement et le démarrage des productions seront assurés sur le site de Figeac, avant transfert vers le Maroc».

Évoquant la vitalité de Ratier, ils brandissent la grille des salaires : «Le 1er hélicier mondial embauche des CAP/BEP, à 1 425 € bruts par mois. Dans le cadre des NAO, négociations annuelles obligatoires, nous demandons à ce qu’aucun salaire ne soit en dessous de 1 400 € nets par mois. Nous n’acceptons pas que des salariés à statut précaire servent de variable d’ajustement, en fonction des aléas et cadences de production, tout comme la prise de congés et de RTT ne peut venir compenser la baisse d’activité», dénoncent-ils.

Lae.B.

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