Figeac. Discrimination syndicale : Ratier condamné à verser 1 million d’euros


 

 

LaDepeche

Les neuf salariés de Ratier Figeac réunis hier avec leur avocate Me Boussard-Verrechia et François Clerc.

 

Publié le 04/03/2014 à 03:48

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Après 15 ans de lutte, neuf salariés de Ratier-Figeac, militants CGT, viennent d’être reconnus victimes de discrimination syndicale. La justice condamne l’entreprise à verser près d’un million d’euros. Mais Ratier compte se pourvoir en cassation.
C’est pour eux une incroyable victoire à l’issue d’une lutte longue de près de 15 ans. Fédéral Castro, Robert Delclaux, Jean-Claude Laborie, Gérard Lafargue, Jean-Claude Malapere, Didier Moulène, Christian Mouminoux, Alain Parussie et Serge Redon avaient le sourire hier en évoquant l’arrêt de la cour d’appel d’Agen qui, le 11 février dernier, a reconnu la discrimination syndicale exercée par Ratier Figeac à leur encontre.

«Un combat exemplaire»

«La persévérance a payé, la justice a parlé» a résumé l’un d’eux, Christian Mouminoux qui a rappelé les multiples rebondissements de cette affaire hors normes lancée en 1999. «C’est un combat qui est exemplaire à tous points de vue. Nous sommes passés par toutes les arcanes judiciaires. Nous avons cumulé tous les succès. C’est une victoire qui ouvre beaucoup de perspectives pour la suite. Les choses ne pourront plus être comme avant. L’entreprise doit aujourd’hui mesurer les risques pour elle à perdurer dans ce genre de comportements» a estimé François Clerc, chargé des questions de discrimination à la fédération métallurgie CGT. La méthode Clerc dont il est l’auteur a beaucoup compté dans la défense de ces neuf salariés figeacois qui dénonçaient depuis des années les agissements de la direction de Ratier à leur égard en raison de leur engagement syndical. L’entreprise figeacoise vient d’être condamnée à verser près d’un million d’euros. «La cour d’appel d’Agen a tiré le fil jusqu’au bout à partir des décisions de la Chambre criminelle et en a tiré toutes les conséquences en ordonnant de restituer aux salariés ce qui leur a été volé» a estimé leur avocate Maître Emmanuelle Boussard-Verrecchia. Cette décision est pour elle «une sacrée gifle à la société Ratier-Figeac et aux juges de première instance dont la décision a été étonnante. On juge à Cahors mais différemment du reste de la France visiblement». Hier il semblait aux yeux de tous peu probable que la direction de l’entreprise continue la procédure et se pourvoit en cassation. «Oseraient-ils prendre le risque d’un 4e échec devant la Cour de Cassation ?» s’était interrogé François Clerc. Apparemment oui. Cette bataille semble loin d’être terminée.

Audrey Lecomte

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