Licencié avec la bénédiction de Myriam El Khomri


newlogohumanitefrBRUNO VINCENS LUNDI, 5 DÉCEMBRE, 2016 HUMANITE.FR

La ministre du Travail a autorisé le licenciement de Stéphane Bueno, travailleur handicapé et militant CGT.

Toulouse, correspondance. Myriam El Khomri fait encore parler d’elle. La ministre du Travail, six mois après le recours qui lui a été adressé, a validé le licenciement de Stéphane Bueno. Elle a superbement ignoré le rapport du médecin du travail qui stipulait que cet ouvrier métallurgiste en fauteuil roulant, à condition d’aménager son poste de travail, était apte à exercer un emploi. Myriam El Khomri a préféré donner sa bénédiction à la direction du sous-traitant aéronautique Ratier-Figeac, qui veut se débarrasser de ce travailleur handicapé, militant CGT de surcroît.

Stéphane Bueno a passé plus de vingt-trois ans dans l’usine de Ratier-Figeac, dans le Lot, d’où il a été licencié en janvier 2016(1). En 1998, le jeune homme ressent les premiers symptômes du mal sournois qui attaque son système nerveux : la sclérose en plaques. Cette maladie neuro-dégénérative n’entame pas sa volonté de poursuivre son travail, ni ses activités syndicales. Au fil des années, la direction l’affecte à différentes tâches, et il se voit éloigné de la production, se retrouve contre son gré à compter les denrées alimentaires qui arrivent au restaurant d’entreprise.

Les progrès de la maladie l’obligent à ne plus travailler que trois matinées par semaine, soit 14 heures. La direction de Ratier-Figeac saisit alors la médecine du travail. Ah, si Stéphane Bueno pouvait être déclaré inapte !… Le rapport médical, même s’il exclut certaines tâches, ne va pas dans ce sens. La direction passe donc en force. On a pourtant du mal à croire que l’importante usine Ratier-Figeac (1 200 salariés), appartenant au puissant groupe nord-américain UTC, ne puisse pas aménager un poste de travail pour Stéphane Bueno. Mais l’inspection du Travail autorise le licenciement, confirmé, on s’en doutait un peu, par Myriam El Khomri. Stéphane Bueno, quant à lui, poursuit son combat et a porté l’affaire devant le tribunal administratif de Toulouse.

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