Un débrayage à Ratier, en soutien à Stéphane Buéno


LaDepeche

Société – Face au licenciement de ce salarié handicapé

08-12-2015

 En début d’après-midi, une centaine de salariés ont débrayé, attendant le vote du CHSCT./Photo DDM. Lae. B.

 Cela fera bientôt 6 mois que Stéphane Buéno ne travaille plus. Il fait l’objet d’une procédure de licenciement à Ratier, suite à l’avis de la Médecine du travail, le considérant «inapte» à son poste actuel, compte tenu de l’évolution de sa maladie qui le maintient dans un fauteuil roulant.

Hier après-midi, plus d’une centaine de collègues de Ratier, selon la CGT, ont participé à un débrayage, tandis que se tenait une réunion du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail).

«C’est une mobilisation de soutien à Stéphane Buéno, en espérant que les membres du CHSCT se prononcent pour donner mission au médecin du travail d’étudier l’aménagement d’un poste de travail, permettant à Stéphane de se maintenir dans l’emploi», précisait Lilian Alric, délégué syndical CGT.

Il s’agit d’un contrat de 14 heures par semaine

À l’issue de la réunion, la majorité s’étant abstenue (3 élus CGT pour, 3 abstentions des élus CFDT et CGC et une abstention pour le représentant de la direction), aucune démarche ne sera donc engagée auprès de la médecine du travail.

«Dans une entreprise de 1 200 salariés, il y a forcément un poste adapté pour Stéphane. On parle d’un contrat de 14 heures de travail hebdomadaire. Le seul argument de la direction, pour justifier ce licenciement est de dire qu’aucun emploi ne correspond», lâchait Jean-Philippe Couchet, délégué CGT.

«Mais, ils n’ont jamais étudié ou cherché une autre possibilité, renchérissait Jérôme Delmas, délégué CGT. Son reclassement serait envisageable aux expéditions par exemple, avec l’aide d’une tierce personne qui l’assisterait, et qui serait prise en charge par un organisme afférent aux travailleurs handicapés.»

Des prescriptions médicales contraignantes

Contactée, hier après-midi, la direction des Ressources humaines de Ratier nous précisait : «Dans l’hypothèse où se vote du CHSCT aurait été favorable, le médecin du travail ne peut se prononcer que sur l’adaptabilité des postes proposés et disponibles, qui correspondent aux prescriptions médicales exigées. Or, même en transformant des postes de travail, nous n’en avons aucun qui peut correspondre.»

Désormais, l’Inspection du travail, qui a convoqué, vendredi dernier, le salarié puis la direction, devra se prononcer sur ce licenciement.

Lae. B.

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