Vague de soutien à un salarié de Ratier


Centre Presse

Le 20 janvier à 16h49 par PH.B. | Mis à jour il y a 22 heures
Quatre-vingts salariés, dont de nombreux camarades syndiqués à la CGT se sont retrouvés hier en début d’après-midi devant les locaux de la sous-préfecture du Lot.

Quatre-vingts salariés, dont de nombreux camarades syndiqués à la CGT se sont retrouvés hier en début d’après-midi devant les locaux de la sous-préfecture du Lot. (PH.B)

 

Tous les jours, et ce depuis 25 ans, Stéphane Bueno fait le trajet de Bouillac, où il réside, jusqu’à Figeac où se trouve son lieu de travail. Depuis 25 ans, il travaille en effet, à l’instar de très nombreux autres salariés du Bassin, à l’usine Ratier-Figeac. Jusqu’en 2011, il y était contrôleur. Il y a 15 ans de cela, on lui a détecté une sclérose en plaques. Cette maladie auto-immune affecte le système nerveux central. Elle est dégénérative et évolue par paliers.

Licencié le 5 janvier

Depuis quelques années, il se déplace en fauteuil roulant et a perdu l’usage d’une main. Jusqu’à ces dernières semaines, il travaillait sur un poste adapté, où il faisait de la saisie administrative de stocks, 14 heures par semaine. En date du 5 janvier, la direction de Ratier a décidé de le licencier, et ce malgré son désir de continuer à travailler tant qu’il lui en reste la capacité. Car au-delà de la rémunération, ce travail c’est du lien social, du contact avec des collègues, et cela constitue des éléments essentiels de sa santé et de sa lutte contre la maladie.

«Danger grave et immédiat»

La direction, par la bouche de Philippe Atrous, son DRH justifie ce licenciement par le fait qu’en avril 2015, la médecine du travail a rendu un avis d’inaptitude «pour danger grave et immédiat» sur son poste de travail actuel et a imposé «des restrictions très fortes».

Toujours selon le DRH, «Ratier-Figeac a fait tout son possible pour reclasser Stéphane Bueno dans une autre unité du groupe». Ce qui a été implicitement reconnu par l’Inspection du travail puisqu’elle a autorisé son licenciement. Cette dernière avait été saisie car Stéphane Bueno est un salarié protégé puisqu’il est délégué d’entreprise CGT.

«Ce licenciement est honteux, inhumain et témoigne d’un cynisme intolérable»

Le syndicat CGT de l’entreprise conteste justement in fine l’avis médical, estimant que «si Stéphane dans le cadre de ses activités ménagères et privées a effectivement besoin de l’assistance d’une tierce personne, ce constat n’est pas transposable dans le cadre de l’entreprise où il peut encore être autonome, pour peu que l’on se donne vraiment les moyens d’aménager son poste de travail». Pour ses camarades, «la problématique de sa réintégration se place tout autant sur le domaine du droit que de l’éthique».

Ils rappellent que Ratier-Figeac est une société aéronautique lotoise de plus de 1000 salariés qui dégage des bénéfices nets annuels supérieurs à 20 M€<sc3010,128>. C’est une entité du groupe américain UTC (Otis, Pratt & Whitney, Carrier,…) qui salarie 200 000 collaborateurs de par le monde et qui réalise des bénéfices nets annuels supérieurs à 6 Md de dollars. «Ce licenciement est honteux, inhumain et témoigne d’un cynisme intolérable» indiquaient ses camarades et collègues de travail. C’est ce message qu’ils ont souhaité faire passer hier auprès de la population et des autorités.

Prochaine étape : le Ministère

Quatre-vingt collègues de travail de Stéphane Bueno, avec force banderoles au vent, se sont rassemblés en début d’après-midi devant la sous-préfecture lotoise pour demander le réintégration de leur camarade. Une délégation a ensuite été reçue par le sous-préfet qui a pris note de lses demandes, avant de la convier à se rapprocher du ministère du travail.

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